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Difficile de s’imaginer un tel rassemblement chez nous. Pourtant l’énergie dégagée par cette foule bigarrée et joyeuse recharge à chaque fois mes batteries de militant, souvent mises à plat par le manque de mobilisation de mes concitoyens. Nos syndicats peinent en effet à recruter de nouveaux membres tout comme les ONGs qui ont de plus en plus de difficulté à recruter des bénévoles. L’individualisme prend le pas sur l’intérêt collectif. Pourquoi un tel enthousiasme ici et une telle démobilisation chez nous? Carmen Helena Foro, leader d’un mutirão actif dans une commune amazonienne proche de Belém, possède peut-être la réponse à cette question. Au Brésil, les mouvements sociaux ont compris l’intérêt d’agir ensemble et ont fondé des centaines de mutirão, sortes d’organisations faitières, chargées de coordonner les actions des associations membres. Pour nous, suisses, le Brésil impressionne par le dynamisme de ses mouvements sociaux et leur capacité à durer malgré la très grande diversité des acteurs. J’ai demandé à Carmen pourquoi les gens se mobilisent dans une telle proportion, et comment ces mouvement sociaux, si divers, arrivent-ils à dépasser leurs divisions ? La réponse ne se fait pas attendre : « Nous avons réussi à fédérer tous les mouvements sociaux de la municipalité car notre projet a suscité un très grand enthousiasme parmi tous les membres. Après vingt ans de lutte nous avons enfin gagné les élections et concquis la mairie avec l’appui des associations membres de notre mutirão ». L’enthousiasme représente la plus grande richesse de ce forum, une denrée de plus en plus rare dans nos sociétés du nord. Comme Carmen, je pense qu’il nous faut retrouver la joie et l’enthousiasme pour surmonter nos divisions et renforcer le poids de nos organisations syndicales, de nos associations et de nos ONGs. Comment ? En apprenant de nos collègues brésiliens, qui fédèrent leurs membres en s’aidant de la danse, de la musique et de la fête comme moyen d’émulation de la joie et de l’enthousiasme. Nous en aurons besoin pour transformer nos sociétés occidentales grangrénées par le fatalisme et le sentiment d’impuissance. Nous devons redécouvrir le plaisir des relations humaines et la joie d’agir ensemble et pourquoi pas en faisant la fête un peu plus souvent. Pas besoin d’être sérieux et grave pour être efficace ! *Bernard Fragnière est le Président d’E-Changer et Secrétaire central du syndicat SSP. |
Pascal : "Les Peuples autochtones sont notre passé et notre future"Pascal est né à Bâle, où il a étudié l'ethnologie. Il a travaillé entre 1998 et 2010 comme coopér-acteur avec E-Changer au Brésil. Le premier projet était avec le Mouvement des Paysans Sans Terre (MST). Pendant huit ans il accompagnait la construction du secteur national de l'informatique et l'inclusion numérique. Entre 2008 et 2010, Pascal a travaillé avec la Secoya - Service et Coopération avec le Peuple Yanomami - à Manaus. Actuellement il vit à Brasília, la capitale du Brésil.
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![]() Secoya : Service et Coopération avec le Peuple YanomamiLa Secoya est une association non gouvernementale amazonienne créée en 1990 qui développe ses activités pour et avec les indiens Yanomami (au Brésil). La Secoya fournit un appui pour garantir la survie des indiens Yanomami dans le respect de leur dignité au sein de leur territoire. Visitez la Secoya en Amazonie. |