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| Écrit par Bernard Comoli |
![]() AYA Info - No 39Genève, le 27 mai 2009
"AYA Info" peut être consulté sur les sites Internet :
Violences contre les peuples indigènes en 2008Le Conseil Indigéniste Missionnaire ( * Voir AYA Info No 28 et 35. Pour consulter le rapport (en portugais) :
Le VIe campement "Terre Libre" à BrasiliaDu 4 au 8 mai, un millier d'indiens représentants 130 peuples indigènes du Brésil étaient réunis sur l'Esplanade des Ministères de Brasilia pour la sixième édition du campement "Terre Libre". La rencontre avait surtout pour objectifs de finaliser le projet de "Statut des Peuples Indigènes" qui doit être remis au Congrès, de prendre connaissance de la situation de l'application des droits des indigènes dans les différentes régions du pays et de définir des lignes communes pour la défense de ces droits. La déclaration adoptée au terme de la rencontre s'adresse aux autorités brésiliennes (pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif) et à l'opinion publique nationale et internationale. Au Gouvernement Lula, ils demandent par exemple, la démarcation de toutes les Terres Indigènes et de prendre des mesures pour améliorer le système de santé. S'adressant au Tribunal Suprême Fédéral (STF), ils demandent le plein respect des textes constitutionnels qui reconnaissent aux indiens le droit originaire sur leurs Terres traditionnelles. Ils demandent que le pouvoir judiciaire contribue à mettre fin aux pratiques discriminatoires contre les peuples indigènes. Au pouvoir législatif, ils affirment leurs droits différenciés et ils demandent de ne pas approuver les initiatives qui tendent à réduire les droits garantis par la Constitution. Ils appellent tous les segments de la société civile brésilienne à rejoindre leur lutte pour le plein respect de leurs droits, et pour la reconnaissance de leur contribution fondamentale à la préservation de la Nature pour le bien-être de tous les Brésiliens et de l'humanité. Pour en savoir plus, le document final (en portugais) :
Statut des Peuples Indigènes : les indiens approuvent une propositionLe campement "Terre Libre" 2009 a donné l'occasion aux représentants des peuples indigènes, présents à Brasilia du 4 au 8 mai, d'étudier et d'approuver une proposition de "Statut des Peuples Indigènes" qui était déjà le résultat des travaux réalisés au sein de la Commission Nationale de Politique Indigéniste (CNPI) et dans une douzaine d'ateliers régionaux organisés entre septembre et novembre 2008. Il s'agit d'un document, de plus de deux cents articles, appelé à remplacer le "Statut de l'Indien" de 1973 devenu obsolète, mais toujours en vigueur*. Dans ses différents volets, le nouveau texte traite du patrimoine indigène et de son administration; des connaissances traditionnelles et du droit d'auteur; des biens et des garanties sur ceux-ci; de la protection territoriale, environnementale et de la démarcation des Terres Indigènes; des ressources minières et hydriques; du droit à la consultation préalable; de la politique sociale, de la protection des enfants et adolescents; de la santé; de l'éducation scolaire et de la culture. Le texte aborde également la question des normes pénales et des procédures de justice. Lors de la rencontre de Brasilia, les leaders indigènes ont revendiqué la possibilité d'exercer un droit de veto quand les projets d'exploitation des ressources minières et hydriques affectent les terres où ils vivent. Le document doit retourner à la CNPI pour mise en forme avant d'être transmis au Ministère de la Justice, puis à la Présidence de la République, avant d'être déposé au Congrès. Ce projet de statut est le résultat d'un processus participatif. Cette démarche constituait un véritable défi, tant sont diverses les réalités vécues par les peuples indigènes du Brésil. * Voir AYA Info No 32. Pour en savoir plus (en portugais) :
Transposition du Rio São FranciscoLe gouvernement brésilien a entrepris des travaux pharaoniques pour la transposition du Rio São Francisco dans son cours inférieur dans le Nordeste*. Il est reproché à cet ouvrage de servir les intérêts de l'agrobusiness et de porter atteinte au cadre de vie d'une trentaine de peuples indigènes, dont neuf sont touchés directement. Le 9 avril, l'Articulation des Peuples et Organisations Indigènes du Nordeste, Minas Gerais et du Espírito Santo (APOINME) a publié un rapport dans lequel elle exprime - outre la demande de suspension des travaux - six revendications : La reconnaissance de l'identité ethnique et territoriale des peuples indigènes. Le droit à l'information et à la consultation au sujet de la transposition. La démilitarisation des zones occupées par l'armée pour l'exécution des travaux et l'évacuation des fazendeiros et autres entreprises qui provoquent des conflits violents dans les Terres Indigènes. Le droit d'accès à la justice pour faire respecter les droits indigènes. La garantie de la sécurité pour faire cesser les actions violentes contre les leaders indigènes. Et, enfin, le droit d'autodétermination portant notamment sur un modèle de développement soutenable qui respecte la nature et donne la priorité à la revitalisation du Rio São Francisco. Une campagne internationale est lancée. Les leaders indigènes préparent une tournée en Europe. Ce lancement coïncide avec la remise du Prix Kant de Citoyen du Monde 2009 à Dom Luiz Cappio, évêque du diocèse de Barra (État de la Bahia). Il a reçu cette distinction de la Fondation Kant, le 9 mai à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), pour sa lutte en faveur du Rio São Francisco. *Voir AYA Info No 21, 22 et 23. Pour en savoir plus (en portugais) :
La SECOYA ne renouvelle pas sa convention avec la |
Denise : "Somos todos anjos de uma asa só... Precisamos nos abraçar para voar."Denise était coopér-actrice E-Changer au Brésil de 1998 à 2009 . Elle a travaillé huit ans au Secteur des Droits de l'Homme du Mouvement des Paysans Sans Terre (MST) avant de changer en 2006 au Conseil Indigeniste Missionaire (Cimi). Actuellement elle travaille comme avocate au Cimi. Denise habite avec ses trois enfants à Brasília et se réjouit de votre contact. |
Cimi : Conseil Indigeniste Missionnaire Le Conseil Indigéniste Missionnaire, le Cimi, est apparu en 1972, quand peu de gens croyaient à la possibilité des peuples indigènes d’avoir un futur propre à eux, que non sa disparition ou bien son accaparement par la « société nationale ». Un groupe de missionnaires a fait l’ « option pour les peuples indigènes », en proposant la rupture avec le modèle de développement en cours à travers une action pastorale spécifique, intégrale et articulée – le Cimi. Jusqu’à présent le Cimi travaille côte à côte avec les peuples indigènes à fin de soutenir la continuité de leurs projets de vie. Visitez le Cimi au Brésil.
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