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| Écrit par Bernard Comoli |
![]() AYA Info - No 44Genève, le 27 novembre 2009
"AYA Info" peut être consulté sur les sites Internet :
Les indigènes du Xingu s'opposent à la construction de l'usine hydroélectrique Belo Monte*Près de trois cents indigènes des quinze ethnies concernées par la construction de l'usine hydroélectrique Belo Monte sur le rio Xingu, étaient réunis, du 28 octobre au 2 novembre, dans le village de Piaraçu dans la Terre Indigène Capoto-Jarina dans l'État du Mato Grosso. Ils ont redit leur hostilité à cet ouvrage. Ils ont adressé une lettre dans ce sens au Président Lula. Une délégation a été chargée d'aller la présenter à Brasilia. Le Président étant à l'étranger, c'est Paulo Maldos, le membre du Cabinet de la Présidence de la République chargé des relations avec les mouvements sociaux qui a reçu les indigènes le 5 novembre. Le lendemain, ils ont rencontré Deborah Duprat, la responsable de l'organe chargé des Peuples indigènes et autres minorités au Ministère Public Fédéral (MPF). La délégation a demandé la tenue d'une audience publique avec toutes les parties concernées par le projet et toutes les administrations impliquées dans le processus décisionnel. Cette audience est fixée au 1er décembre. Des organisations indigènes, indigénistes et des mouvements sociaux ont également manifesté leur hostilité à ce projet. Mais, la Fondation Nationale de l'Indien ( * Voir AYA Info No 29. Pour en savoir plus (en portugais) : http://www.socioambiental.org/esp/bm/index.asp
Formation de leaders YanomamiA l'initiative de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA, et avec l'appui de AYA, vingt-six Yanomami, leaders, agents de santé, professeurs et agents agro-forestiers des rios Marauiá, Demini et Aracá se sont retrouvés, du 19 au 30 octobre, à Santa Isabel do Rio Negro (État d'Amazonas) pour deux semaines de formation. L'objectif de la rencontre : améliorer la capacité des Yanomami à être les acteurs principaux de la défense de leur "urihi" (terre), de leurs droits sociaux, économiques et politiques. Plusieurs thèmes ont été abordés au cours de ce séminaire : le renforcement du processus organisationnel, la gestion du territoire et des ressources naturelles, la question de la santé (médecine traditionnelle, système public de santé indigène), la gestion participative et la représentativité des Yanomami. La majorité des participants ne parlant que yanomami, un traducteur "officiel" a été désigné pour permettre le dialogue avec les "napë" (les non-Yanomami). Les leaders présents ont adressé un courrier au Coordinateur régional de la Fondation Nationale de la Santé ( Pour en savoir plus (en portugais) et reflets photographiques : http://www.secoya.org.br/
Encore de la violence contre les Guarani*Le 29 octobre, un groupe d'une vingtaine de Guarani Kaiowá du village de Pirajui ont occupé leur "tekohá" (terre traditionnelle) dans le périmètre d'une fazenda de la municipalité de Paranhos, dans l'État du Mato Grosso do Sul, près de la frontière avec le Paraguay. Le 30 octobre, ils en ont été expulsés violemment par des agents de sécurité. Deux membres du groupe, les professeurs indigènes (et cousins) Genivaldo et Rolindo Vera ont disparu suite à l'affrontement. Le corps de Genivaldo a été retrouvé le 7 novembre dans un ruisseau et identifié par sa famille, ce qui a été confirmé le 19 novembre par l'Institut de médecine légale de Campo Grande. Les recherches pour retrouver Rolindo ont été abandonnées. Amnesty International demande qu'elles soient reprises. Les Guarani ont vu leurs territoires être restreints dès le début de la colonisation ibérique. Semi-nomades, ils ont été ramenés dans des "Réductions" dès le XVIe siècle. L'actuelle carte des Terres Indigènes du Brésil montre que celles des Guarani apparaissent comme des "confettis", des "îlots" à l'échelle du pays. Les 76 Terres Indigènes occupées, exclusivement ou non, par des Guarani, et pour lesquelles l'Institut Socioambiental donne des chiffres, ont une surface totale de 3'054 km2. Soit une moyenne de 40,2 km2, avec une densité démographique élevée. Rien à voir avec les grandes Terres Indigènes. Par exemple, la Terre Indigène Raposa Serra do Sol, dans l'État de Roraima, s'étend sur 17'475 km2 pour 19'000 indiens de plusieurs ethnies. Et elle n'est pas la plus grande du pays. Cette version moderne de "Réductions" ne correspond ni au mode de vie ni à la culture des Guarani. Le confinement, sur des aires réduites et surpeuplées, est source de violences diverses, notamment dans l'État du Mato Grosso do Sul. Dans son rapport de 2008, sur "La violence contre les peuples indigènes au Brésil", le Conseil Indigéniste Missionnaire – * Voir AYA Info No 42 Sources : Instituto Socioambiental – ISA, CIMI : http://www.cimi.org.br
Première Conférence nationale de l'éducation scolaire indigène"L'État a besoin d'entendre les peuples indigènes pour connaître leurs demandes et savoir comment ils pensent l'éducation". Ainsi s'exprime l'indien Gersem Baniwa*, Coordinateur général de l'éducation indigène au Ministère de l'Education. En effet, l'objectif de la Conférence est d'évaluer la réalité de l'éducation scolaire indigène dans le pays et de consolider le pacte national pour améliorer l'offre et la qualité de l'enseignement destiné aux peuples indigènes. La rencontre a eu lieu à Luziânia (État de Goiás) du 16 au 20 novembre. Elle a vu la participation de six cents délégués indigènes représentant 210 peuples. Le Ministre de l'éducation, Fernando Haddad, a voulu que cet événement soit le résultat d'un large processus participatif qui a commencé en décembre 2008, avec plus de 1'800 rencontres préparatoires au sein des communautés indigènes et dix-huit Conférences régionales. Au cours de ces réunions, les participants ont pu formuler des suggestions en rapport avec les nécessités de chaque territoire et de chaque ethnie autour de cinq thèmes repris par la Conférence nationale : territorialité et autonomie, pratiques pédagogiques indigènes, financement et diversité culturelle, participation et contrôle social, lignes directrices pour l'éducation scolaire indigène. Le Brésil compte près de 2'500 écoles indigènes qui accueillaient près de 177'000 élèves en 2007. Mais entre 30 à 40% de celles-ci ne disposent pas d'un local approprié et le nombre de places est insuffisant. Les actes de cette importante Conférence devraient être publiés avant la fin de l'année. * Voir AYA Info No 34. Pour en savoir plus (en portugais) : http://coneei.mec.gov.br/ et http://www.socioambiental.org/noticias/nsa/detalhe?id=3007
Bernard Comoli avec l'aide de l'équipe de la Secoya
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Denise : "Somos todos anjos de uma asa só... Precisamos nos abraçar para voar."Denise était coopér-actrice E-Changer au Brésil de 1998 à 2009 . Elle a travaillé huit ans au Secteur des Droits de l'Homme du Mouvement des Paysans Sans Terre (MST) avant de changer en 2006 au Conseil Indigeniste Missionaire (Cimi). Actuellement elle travaille comme avocate au Cimi. Denise habite avec ses trois enfants à Brasília et se réjouit de votre contact. |
Cimi : Conseil Indigeniste Missionnaire Le Conseil Indigéniste Missionnaire, le Cimi, est apparu en 1972, quand peu de gens croyaient à la possibilité des peuples indigènes d’avoir un futur propre à eux, que non sa disparition ou bien son accaparement par la « société nationale ». Un groupe de missionnaires a fait l’ « option pour les peuples indigènes », en proposant la rupture avec le modèle de développement en cours à travers une action pastorale spécifique, intégrale et articulée – le Cimi. Jusqu’à présent le Cimi travaille côte à côte avec les peuples indigènes à fin de soutenir la continuité de leurs projets de vie. Visitez le Cimi au Brésil.
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